Projet META
Srdjan Scepanovic
Chef de projet, Relation Services et Métiers, USI
Nous avons interviewé Srdjan Scepanovic, Chef de projet au Pôle Relations et Solutions Métiers (RSM) de l’Unité des Systèmes d’Information (USI).
Q : Le Projet META, porté par l’USI, est souvent décrit comme un projet “infrastructure”. En quoi est-il stratégique pour l’enseignement ?
R : On parle souvent d’“infrastructure” comme si c’était quelque chose d’invisible, presque technique et éloigné du terrain. En réalité, c’est tout le contraire. Le projet META crée le socle qui permet à aux enseignant.e.s d’utiliser les outils numériques à leur disposition de manière fiable et sécurisée.
Les méthodes d’enseignement et de travail intègrent aujourd’hui différents leviers modernes, qu’il s’agisse de supports pédagogiques en ligne, de dispositifs collaboratifs ou d’assistance à la création utilisant l’intelligence artificielle. Sans un socle technique solide et performant, l’utilisation de ces outils numériques devient difficile. Le projet META est très important pour les établissements car il leur permet justement de bénéficier d’un environnement numérique stable, performant et sécurisé.
Pourquoi harmoniser les infrastructures IT des établissements ?
L’harmonisation, c’est garantir un niveau de qualité, de sécurité et de performance équivalent pour tous les établissements de la DGEP.
Avant META, chaque établissement avait construit son infrastructure avec beaucoup d’engagement, mais parfois de manière très différente. Cela créait des écarts, des risques et des difficultés pour déployer des solutions transversales. En harmonisant, nous créons un langage commun, des standards partagés, et une base technique cohérente qui facilite la collaboration et les projets futurs.
En quoi le projet META contribue-t-il à renforcer la sécurité informatique ?
Renforcer nos capacités de réponse face aux risques de cybersécurité n’est plus une option. Les établissements scolaires sont devenus des cibles comme les autres.
En apportant des standards de sécurité informatique adaptés, le projet META garantit un alignement de nos pratiques avec les attentes des utilisateurs. En favorisant la mise en place de référentiels et de pratiques reconnus, tel que la double authentification ou la segmentation des réseaux wifi, nous réduisons significativement les risques d’attaques graves.
Mais au-delà de la technique, le projet META permet surtout d’avoir une compréhension commune de la sécurité. Et cette compréhension commune est essentielle pour protéger les données des élèves, des enseignant·e·s et de l’Institution.
Concrètement, qu’est-ce que le projet META va apporter aux enseignants et aux élèves ?
Tout d’abord, une identité numérique unique et sécurisée pour toutes et tous : le compte Eduvaud.
Ensuite, une couverture Wi-Fi étendue dans les salles de classe et les espaces communs, pour répondre aux usages pédagogiques. La connexion réseau devient simple et inter-établissements : dans un établissement labellisé META, les élèves et les enseignant·e·s d’un autre établissement META se connectent automatiquement avec leurs équipements, qu’ils soient professionnels ou personnels. Moins de réglages, moins de blocages techniques, plus de temps pour enseigner et apprendre.
La solution d’impression commune apporte la même logique : mêmes standards, mêmes pratiques, même simplicité d’usage dans tous les établissements.
META, ce n’est pas simplement une évolution technique. C’est un environnement numérique unifié qui facilite le quotidien et donne à chaque établissement les mêmes bases solides pour répondre aux besoins des enseignant.e.s et des élèves.
Comment se déroule la collaboration avec les répondants informatiques (RI) et les répondants numériques des établissements (RNE) ?
C’est probablement l’un des aspects les plus important du projet.
Les RI et les RNE ont une connaissance fine de leurs établissements, de leurs contraintes, de leurs réalités quotidiennes. Notre rôle est d’apporter un cadre, des standards, une vision transversale, mais la démarche du projet META s’inscrit dans la co-construction.
Il y a beaucoup d’échanges, d’apprentissages, parfois des débats techniques, mais toujours avec un objectif commun : faire évoluer l’infrastructure au bénéfice de l’enseignement. Cette collaboration est une vraie force.
Quels ont été les principaux défis rencontrés jusqu’ici ?
Le premier défi a été le changement. Harmoniser signifie parfois revoir des habitudes installées depuis des années. Cela demande de la confiance, de la clarté dans les explications et du dialogue.
Il y a aussi des défis techniques : des environnements très différents, des spécificités métiers, des calendriers scolaires serrés, des migrations à planifier pendant les relâches et vacances pour ne pas perturber les cours.
Mais chaque défi relevé renforce la maturité du projet et la cohésion entre les équipes.
Que reste-t-il à accomplir en 2026 et au-delà ?
Le travail d’harmonisation va se poursuivre afin que tous les établissements puissent atteindre le standard META.
Mais au-delà du déploiement, l’enjeu sera la continuité : maintenir les standards, anticiper les nouveaux besoins pédagogiques, intégrer les évolutions technologiques et accompagner les futures initiatives de l’USI.
Le projet META n’est pas un point d’arrivée. C’est une base durable sur laquelle nous allons continuer à construire.
J’en profite pour exprimer ma vive gratitude aux équipes de l’USI — chargés d’affaires, chargés de support, techniciens, administrateurs et ingénieurs — ainsi qu’aux RI/RNE et aux enseignants, pour leur précieuse contribution et leur implication lors des phases de tests.
Si vous deviez résumer le projet META en une phrase ?
Le projet META apporte des standards technologiques sur lesquels les établissements peuvent s’appuyer pour mener à bien leur mission d’enseignement en toute confiance.