Apprendre avec l’intelligence artificielle generative : reflechir au lieu de copier

Apprendre avec l’intelligence artificielle generative : reflechir au lieu de copier

Q : Comment définiriez-vous la place de l’IAG dans l’apprentissage ?

R : L’IAG, c’est une sorte de calculatrice pour les idées. Elle est rapide et efficace, mais elle ne doit pas devenir une béquille. S’appuyer sur elle n’est pas tricher : c’est un outil pédagogique. On peut l’utiliser pour clarifier un concept, trouver des exemples, reformuler un texte… Mais il ne faut jamais oublier qu’elle ne comprend pas ce qu’elle écrit. Elle génère du langage à partir de probabilités, pas de sens. C’est donc à l’élève de vérifier, de comparer, de réfléchir.

Q : Quels risques voyez-vous lorsque les élèves utilisent l’IAG sans recul ?

R : L’IAG peut se tromper, parfois lourdement. Il lui arrive d’inventer des faits, de simplifier à l’excès, de passer à côté d’informations essentielles. Si l’élève n’exerce pas son esprit critique, il risque de copier aveuglément une réponse fausse ou inadaptée. L’apprentissage disparaît dès le moment où l’on se contente de “copier-coller”.
Penser est exigeant, mais c’est ce qui développe la compétence professionnelle et le jugement.

Q : Vous insistez sur le “dialogue avec la machine”. Qu’entendez-vous par là ?

R : L’IAG est réellement utile quand on l’utilise de manière interactive. Il faut poser des questions, demander des reformulations, confronter ses propres idées. Plus les questions sont précises, meilleures sont les réponses.
Et surtout, il faut reformuler ce que l’IAG produit avec ses propres mots: c’est un excellent moyen de vérifier qu’on a compris.

Q : L’IAG va-t-elle remplacer la réflexion et donc appauvrir l’apprentissage ?

R : Non, si on l’utilise correctement. L’IAG va vite, mais la vitesse n’est pas la compréhension. Savoir, ce n’est pas accumuler de l’information : c’est comprendre, relier, interpréter.
L’IAG peut accompagner un processus d’apprentissage, mais elle ne peut pas réfléchir à la place de l’élève. Comme en atelier ou en laboratoire : l’outil ne remplace jamais la pratique.

Q : Quels conseils donneriez-vous à un élève qui souhaite utiliser l’IAG intelligemment ?

 

R : Je résumerais cela en cinq points :

  1. Utilise l’IAG pour apprendre, pas pour éviter l’effort.
    Comprends le principe avant d’utiliser la réponse.
  2. Vérifie toujours les informations.
    Formulé joliment ne signifie pas correct.
  3. Reformule avec tes mots.
    Montrer que tu as compris vaut plus que montrer que tu sais copier.
  4. Analyse les erreurs.
    Les approximations de la machine sont d’excellents supports d’apprentissage.
  5. Pose des questions de fond.
    Pas seulement « quoi ? », mais « pourquoi ? » et « comment ? ».

Q : En conclusion, quel devrait être l’état d’esprit des élèves face à l’IAG ?

 

R : L’IAG ne remplace pas l’intelligence humaine. Elle peut la stimuler, la questionner, l’accompagner, mais seulement si l’élève reste curieux, attentif et critique.
Apprendre avec l’IAG, c’est apprendre à penser à l’ère des machines, à dialoguer avec la technologie sans lui abandonner sa capacité de réflexion.

Partager :